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vendredi 7 octobre 2011

Contre le marché, la BCE maintient son taux inchangé.


( source: figaro) Malgré la faillite annoncée de la banque Dexia et les nuages qui s'amoncellent sur l'économie européenne, la gardienne de l'euro a laissé son principal taux directeur inchangé, à 1,5%.

La Banque centrale européenne garde son sang-froid. Face aux signes annonciateurs de récession en zone euro et alors qu'une première banque européenne, Dexia, est chancelante, la BCE a décidé ce jeudi de ne pas assouplir sa politique monétaire. Elle a laissé son principal taux d'intérêt inchangé, à 1,50%. Un niveau jugé «bas» par le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale.
Lors de sa dernière conférence de presse mensuelle en tant que président de l'institution monétaire, Jean-Claude Trichet a expliqué que la BCE s'attend a une inflation «clairement supérieure à 2% ces prochains mois», avant de redescendre. Une façon d'annoncer entre les lignes que les taux directeurs ne seront probablement pas abaissés ces deux prochains mois. L'inflation en zone euro a culminé à 3% en septembre, un point au-dessus de l'objectif visé par la BCE.
Malgré tout, le marché réclame une baisse des taux. «Il prend en compte une baisse du taux de 0,5 point», observent les économistes de Société générale. Une attente jugée de «folle» à court terme par le membre luxembourgeois du conseil des gouverneurs de la BCE, Yves Mersch.
Les arguments en faveur d'une baisse des taux n'étaient toutefois pas à écarter d'un revers de main. Car, si la décision a fait consensus au sein des gouverneurs de l'institution, les discussions ont été longues, a admis Jean-Claude Trichet : «Il y a eu une discusion sur le pour et le contre d'une baisse des taux ou d'un maintien des taux. Après cette longue discussion, qui fut, je dirais, aussi poussée et exhaustive que possible, nous avons décidé par consensus de maintenir les taux.»
Certains analystes pointent avec inquiétude une fin d'année qui s'annoncedésastreuse sur le front de l'activité en zone euro. «Les risques pesant sur la croissance, dont parlait le mois dernier le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, se matérialisent», relèvent les économistes de BNP Paribas CIB. De plus, «les prévisions de la BCE sous-tendent une croissance atone en fin d'année», ajoutent-ils.

Demi-surprise

L'inaction de la BCE n'est pourtant qu'une demi surprise. Jean-Claude Trichet, dont chaque mot, lors de ses déclarations publiques, est pesén'a pas laissé entendre en septembre que la BCE baisserait ses taux. D'autre part, «la gardienne de la zone euro attendra pour agir d'avoir plus de preuves que l'inflation et la croissance vont ralentir», notent les économistes de Nomura.
Les observateurs tablent plutôt sur une baisse des taux en fin d'année. «Jean-Claude Trichet devrait préparer le terrain ce jeudi à une future baisse des taux dans les trois prochains mois», avancent les analystes de Nomura.

Des mesures en faveur des banques

Prenant acte de la situation tendue des banques européennes, la BCE a lancé une série de mesures exceptionnelles. Elle prévoit deux opérations de refinancement à volume illimité sur environ un an, en octobre et décembre. Cet instrument exceptionnel n'avait plus été sollicité depuis décembre 2009.
Jean-Claude Trichet a également annoncé une relance du programme de rachat d'obligations sécurisées. Cette opération portera sur 40 milliards d'euros entre novembre 2011 et octobre 2012. Les «obligations sécurisées» sont pour l'essentiel des titres adossés à des biens immobiliers, et indispensables à la survie de nombreuses banques spécialisées en Europe. Le but de l'ensemble de ces opérations est «d'assurer que les banques de la zone euro ne soient pas limitées en ce qui concerne les liquidités», a dit le Français.
La BCE a par ailleurs appelé à une recapitalisation des établissements de la zone euro. Elles doivent «faire tout ce qui est nécessaire pour renforcer leurs bilans», a plaidé Jean-Claude Trichet, en utilisant pour cela leurs bénéfices, ou en versant des salaires «modérés».

- Doura Diallo - 

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