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mercredi 30 novembre 2011

S&P dégrade des banques américaines


(source: figaro.fr) L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé ce mardi les notes de plusieurs grandes banques américaines, dont Bank of America et Goldman Sachs, en raison d'un changement de ses critères de notation, et pourrait abaisser certaines notes à nouveau. Les notes de JPMorgan ChaseMorgan Stanley,Citigroup et Bank of New York Mellon ont également été abaissées, entre autres. SP avait averti il y a dix jours qu'elle avait modifié ses critères de notation des banques dans la foulée de la crise financière et qu'elle annoncerait des modifications d'ici la mi-décembre.

"Nous commencerons à publier l'impact des nouveaux critères sur les notations à partir de fin novembre jusqu'à la mi-décembre", sur un ensemble de trois semaines, a souligné Jayan Dhru, l'un des dirigeants de SP pour la notation des institutions financières dans le monde, le 18 novembre, lors d'une présentation à la presse.

Modification des critères de notation

Pour tenir compte des leçons de la crise, SP a modifié sa méthodologie, donnant une plus grande importance à l'environnement macroéconomique, désormais le point de départ de la note des banques, et elle a affiné son analyse des capitaux et des risques. SP s'intéresse notamment plus qu'avant à la manière dont les bénéfices générés sont utilisés ou non pour renforcer les capitaux ou s'ils sont totalement redistribués.

L'agence a prévenu que 60% des notes actuelles seraient inchangées, 90% des notations seraient soient inchangées soit modifiées d'un cran dans un sens ou l'autre. Seules 5 à 6% des banques suivies par SP verront leur note augmentée ou abaissée de plus d'un cran. Les responsables de ces notations n'ont pas donné de détail sur les pays où les banques risquaient d'être les plus affectées par ces changements de notation.

- Doura Diallo -

lundi 28 novembre 2011

La Bourse de Paris bondit grâce à l'espoir d'une solution en Europe :


La Bourse de Paris a terminé lundi soir sur un bond de 5,46%, repassant au-dessus des 3.000 points, soutenue par des investisseurs qui veulent à tout prix croire en une prochaine solution à la crise de la dette en Europe et se sont laissés porter par les rumeurs.
A la clôture, le CAC 40 a engrangé 155,96 points (bien 155,96 points), soit sa deuxième plus forte progression de l'année, pour s'inscrire à 3.012,93 points. Les volumes échangés étaient peu fournis avec 3,07 milliards d'euros traités.
Les autres grandes places européennes ont également terminé sur de belles performances: A Londres le Footsie a pris 2,87% et à Francfort le Dax a bondi de 4,60%, alors que l'Eurostoxx 50 s'adjugeait 5,23%.
Aidé par de nombreuses rumeurs, le marché a décidé de prendre ses désirs pour des réalités et d'appliquer la méthode Coué, indique-t-on dans les salles de marché. Dès l'ouverture, les investisseurs "ont parié" sur le fait que des solutions sont sur le point d'être mises en place pour éviter une aggravation de la crise en zone euro.
Conséquence, ils se sont positionnés sur des valeurs à très fort potentiel de rebond et notamment les valeurs financières, les plus malmenées ces derniers temps.
Les investisseurs ont gardé espoir, ne cillant pas malgré les démentis officiels de plusieurs rumeurs qui faisaient état de solutions pour sauver la zone euro (traité franco-allemand, intervention du FMI, de la BCE...).
"Le marché veut croire que, au pied du mur, l'Europe va prendre des décisions et éviter la catastrophe", indique Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities.
Ces espoirs sont d'autant plus vifs que la situation en zone euro s'aggrave touche l'Allemagne et devient quasi ingérable pour l'Italie, troisième économie de la zone. Rome emprunte à des coûts de plus en plus élevés (7,3%) comme en témoigne l'adjudication émise lundi.
"L'Allemagne notamment va être obligée d'assouplir sa position doctrinaire car sinon elle risque d'être également prise dans la tourmente de la crise en Europe", a souligné M. de Villepion.
"Une chose est certaine, l'Allemagne est désormais touchée par la crise et est donc plus à même de mettre de l'eau dans son vin", a commenté de son côté Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.
L'ouverture en hausse de Wall Street et les bons résultats du "Black Friday" aux Etats-Unis prouvant que la consommation reste vive outre-Atlantique, ont également alimenté l'optimisme.
Les investisseurs ont négligé les perspectives macroéconomiques moroses de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Selon l'Organisation, la zone euro semble pourtant être entrée en "légère récession".
Cette vive remontée de la Bourse est très fragile, a noté M. de Villepion "d'une part parce qu'elle est trop extrême et d'autre part parce qu'elle s'est effectuée dans un marché très étroit, témoignant de la prudence de nombre d'investisseurs toujours très perplexes face à la situation en Europe".
Du côté des valeurs, le secteur financier, très exposé à la dette italienne et le premier à profiter d'une accalmie sur le front de la de la crise de la dette s'envolait: Axa s'adjugeant 13,11% à 10,01 euros, BNP Paribas 10,33% à 28,52 euros, Société Générale 9,60% à 17,35 euros et Crédit Agricole 8,88% à 4,43 euros.
Les valeurs cycliques, très sensibles à la conjoncture, profitaient de cet élan d'optimisme après avoir beaucoup souffert ces derniers temps. Schneider Electric prenait 8,31% à 39,08 euros, ArcelorMittal 7,83% à 12,87 euros et Saint-Gobain 7,35% à 29,28 euros, Eramet +9,41% à 90,82 euros
GDF Suez prenait 7,72% à 19,53 euros profitant de l'annulation par le Conseil d'Etat de l'application du gel des tarifs réglementé décidé par le gouvernement au 1er octobre.
Areva (+5,17% à 20,25 euros) profitait de la perspective d'un prochain contrat de 1,2 milliard d'euros qui serait signé avec l'Allemagne pour fournir 120 turbines d'éoliennes.
Seules deux valeurs du SBF étaient en recul Orpéa (-1,61% à 24,45 euros), et Technicolor (-0,78% à 1,15 euro).

- Doura Diallo -

dimanche 27 novembre 2011

Un pacte de stabilité renforcé pour sauver l'euro

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le 24 novembre à Strasbourg.

Paris et Berlin finalisent leurs négociations pour un nouveau traité de gouvernance: plus intrusif, il poussera les États à faire des réformes structurelles. Une réponse politique, alors que sur les marchés la crise s'aggrave. 

Pour l'instant, les négociations se déroulent exclusivement entre Paris et Berlin. Mais elles déboucheront sur un accord qui concernera toute l'Europe ou, au minimum, toute la zone euro. La France et l'Allemagne ont intensifié leurs discussions ces dernières heures pour renforcer le pacte de stabilité. L'objectif est d'en présenter les grandes lignes à leurs partenaires européens avant le sommet du 9 décembre. Il y a urgence: la crise s'aggrave jour après jour, comme en témoigne l'envolée des taux italiens et espagnols la semaine dernière. À mesure que la fin de l'année approche, nombre d'économistes se demandent comment les États européens pourront se refinancer en 2012. Pire: dans le plus grand secret, plusieurs grandes banques, surtout anglo-saxonnes, ont mis en place des protocoles internes à activer pour protéger leurs actifs en cas d'éclatement de la zone euro. Preuve que ce scénario, virtuel il y a encore quelques semaines, est devenu un risque plausible…
Les rumeurs les plus folles circulent désormais : dernière en date, selon le journal italien La Stampa d'hier, le FMI pourrait proposer un prêt de 400 à 600 milliards à l'Italie. À Washington «on se refuse à commenter ces informations», à Paris on les dément.

Club des super-Européens 

Pour l'heure, la France et l'Allemagne croient encore en une réponse politique à la crise sous la forme d'un durcissement des traités en vigueur. Selon le Welt am Sonntag, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy envisageraient la mise en place d'un pacte de stabilité et de croissance limité à quelques pays de la zone euro. Selon ce nouveau pacte, un «club des super-Européens», articulé autour des six pays de la zone euro bénéficiant d'une notation AAA (France, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Luxembourg) s'astreindrait à une plus grande rigueur financière. Ce texte pourrait être adopté dès janvier ou février 2012, selon des sources gouvernementales allemandes citées par le journal. Il se fonderait sur des accords bilatéraux, sur le modèle de l'accord de Schengen sur la circulation des personnes qui concerne dix pays membres de l'Union européenne. Ceci permettrait d'éviter d'attendre une réforme des traités susceptible de traîner en longueur.
Une zone euro à deux vitesses ? L'idée est formellement rejetée du côté de l'Élysée. «Nous travaillons à une réforme des traités à 27 et s'il n'est pas possible d'y parvenir, nous ferons un traité avec les 17 membres de la zone euro: exclure les pays les plus fragiles de la zone serait absurde, puisque ce sont eux qu'il faudra surveiller en priorité», commente-t-on dans l'entourage du chef de l'État.
Ces futures réformes «seront équilibrées entre discipline et solidarité», indique-t-on à Paris. Côté discipline, le nouveau pacte sera plus intrusif: il donnera davantage de moyens de surveillance sur les budgets nationaux aux autorités européennes, quitte à permettre l'envoi de missions sur place. De même, les pays membres ne s'engageront plus seulement sur des trajectoires budgétaires : ils devront s'engager sur des réformes structurelles. «Il y aura de vraies sanctions», à la clef, a prévenu la ministre du Budget, Valérie Pécresse, sur Canal+. En contrepartie, la solidarité financière sera réaffirmée : « Les discussions portent sur la mise en place du mécanisme européen de solidarité à partir de mi-2013 qui pourrait par exemple fonctionner, selon le principe d'une supermajorité plutôt qu'à l'unanimité, afin d'assouplir son utilisation», confie un négociateur.
Ces règles strictes seront proposées à tous. Mais rien ne dit qu'elles seront acceptées par les Dix-Sept. «Ceux qui les refuseront devront en tirer les conclusions sur leur appartenance ou non, à la zone euro», confie-t-on avec fermeté au sein du gouvernement français.


Le FMI pourrait prêter 400 milliards à l'Italie

Christine Lagarde étudierait l'hypothèse de prêter à l'Italie de 400 à 600 milliards d'euros pour une période de dix-huit mois. La directrice générale du FMI en aurait discuté par téléphone avec Mario Monti, selon des sources financières à Washington citées hier par le quotidien La Stampa. Ce prêt important serait consenti à un taux compris entre 4 et 5%, très largement inférieur aux rendements de 8% atteints vendredi dernier sur les marchés par les bons du Trésor (BTP) italiens à deux ans.
L'Italie doit renouveler l'an prochain 440 milliards d'euros de titres d'État, dont la moitié d'ici à avril. Les taux d'intérêt consentis pour servir une dette colossale de 1900 milliards d'euros (120% du PIB) deviendraient insoutenables s'ils se maintenaient longtemps aux niveaux actuels.
Lors du G20 de Cannes, début novembre, Silvio Berlusconi avait été mis sous pression pour accepter la venue de superviseurs du FMI sur les comptes publics italiens. Il avait fini par les accepter, tout en déclinant une offre de prêt de 44 milliards d'euros avancée par le fonds, au prétexte que «l'Italie peut s'en tirer toute seule».
Alors que les envoyés du FMI sont attendus ces jours-ci à Rome, la situation monétaire s'est brutalement dégradée. Selon La Stampa, le FMI estimerait prioritaire d'intervenir en Italie pour sauver l'euro. Il attend toutefois que le gouvernement italien adopte le plan d'austérité que Mario Monti promet maintenant pour le 5 décembre. Le prêt du FMI serait conditionné par la nature et l'ampleur des réformes qui seront alors adoptées. Trois modalités d'intervention seraient envisagées: l'émission de droits de tirage spéciaux (DTS). Des interventions coordonnées avec la BCE, avec l'accord de Berlin. Ou bien un prêt direct, moins probable, sa taille ne permettant pas au FMI d'utiliser ses ressources traditionnelles.

- Doura Diallo -

samedi 26 novembre 2011

La Bourse de Paris regagne un peu du terrain perdu.

Des traders de la Bourse de Francfort

L'indice a regagné 1,23% ce vendredi. Mais, en cinq jours, miné par la crise de la dette et par le ralentissement économique, il a chuté de 4,7%.

Sur le fil ! Après avoir passé pratiquement toute la séance dans le rouge, le CAC 40 s'est redressé dans la toute dernière ligne droite. Au finish il a regagné 1,23% à 2.856,97 points. Mais sur l'ensemble de il a perdu 4,7%. Et, depuis le début de l'année, il abandonne près de 25 %.
Hier le marché a encore touné au ralenti. Le volume d'échange a péniblement dépassé les 2 milliards d'euros sur les grandes valeurs de la cote parisienne. En ce jour de « black friday », les marchés américains ont ouvert que pour une demi-séance. Ce jour, comme chaque lendemain de Thanksgiving, sonne le coup d'envoi de la course aux cadeaux de Noël outre Atlantique.

Chasse aux bonnes affaires

Après six séances d'affilée de forte baisse, les rares opérateurs présents à la Bourse de Paris se livraient à une intense chasse aux bonnes affaires sur les valeurs financières et sur les cycliques. Société Générale a ainsi avancé de 2,10 %, STMicrolectronics de 2,14% et Alcatel de 1,59 %. Mais, sur l'ensemble de la semaine ces mêmes valeurs affichent toutes de très lourdes chutes. Alcatel Lucent, par exemple décroche la cuillère de bois de l'indice sur les cinq dernières séances avec une perte de plus de 14% et Société Générale recule de 5% sur la semaine. L'indice des valeurs bancaires européennes s'est stabilisé en fin de journée hier. Mais dans l'après-midi il était tombé à des planchers inconnus depuis plus de deux ans et demi, immédiatement après la faillite de Lehman Brothers. Il a plongé de plus de 20% depuis la fin octobre, les banques étant en première ligne face à la crise de la dette.
Au lendemain du mini-sommet de crise à Strasbourg entre la France, l'Allemagne et l'Italie, censé « soutenir et garantir la pérennité de l'euro » l'inquiétude persiste. Les opérateurs regrettent les blocages allemands sur les missions de la Banque centrale européenne (BCE). La France plaide pour une intervention plus déterminée de cette dernière pour venir en aide aux pays en difficulté. L'Allemagne s'y refuse. Signe des tensions toujours très vives sur les dettes souveraines, le rendement de la dette italienne à deux ans a atteint un nouveau pic depuis la création de l'euro, dépassant les 8 % en séance sur le marché secondaire.

Valeurs à suivre

Axa (+1,67 % à 8,85 euros)
Groupama juge trop faibles les prix proposés à ce stade pour sa filiale Gan Assurances et pourrait retarder la vente au-delà de la fin d'année 2011, rapporte vendrediLes Echos. Axa, Allianz et Covéa (qui regroupe Maaf, MMA et GMF) sont considérés comme les enchérisseurs les plus probables.
EADS (+0,02 % à 20,74 euros)
Un Airbus A340 de la compagnie Air France, qui venait d'être entièrement révisé en Chine, a dû être immobilisé mi-novembre à Boston après qu'un mécanicien a constaté l'absence d'une trentaine de vis sur un panneau de carénage, affirme l'AFP.
Technip (+2,40 % à 63,11 euros)
Le groupe français d'ingénierie pétrolière a annoncé avoir remporté un contrat de service auprès de Samsung Heavy Industries pour le développement d'un champ de gaz situé en mer du Nord norvégienne.
Sanofi (+1,78% à 48,22 euros)
Le gouvernement britannique a annoncé jeudi qu'il opterait à partir de septembre 2012 pour le vaccin HPV Gardasil, développé par Merck et Sanofi Pasteur MSD, à la place du Cervarix de GlaxoSmithKline.
Eurotunnel (-2,58 % à 5,24 euros)
La Norges Bank, qui gère le fonds souverain de l'État norvégien, a déclaré avoir franchi à la hausse le seuil de 5 % du capital de l'exploitant du tunnel sous la Manche et détenir 5,15 % des actions et 4,48 % des droits de vote.
Foncière Paris France (+7,09 % à 108,75 euros)
La société Paris Hôtels Roissy Vaugirard (PHRV) a annoncé jeudi soir relever son offre de rachat hostile sur FPF à 110 euros, après que sa cible a rejeté une première proposition à 100 euros.

jeudi 24 novembre 2011

Prudente, la Bourse de Paris termine à l'équilibre.

Les opérateurs restent inquiets

Après avoir hésité durant toute la journée, le CAC 40 a reculé symboliquement de 0,01 %. Privés de l'aiguillon de Wall Street, les marchés européens ont tourné au ralenti.

Manque d'entrain hier sur les Bourses européennes qui étaient privées de l'aiguillon de Wall Street. « Le marché est pratiquement désertique », commentait un opérateur. Et pour cause : les marchés américains étaient fermés à l'occasion de Thanksgiving et n'ouvriront vendredi que pour une demi-séance. Résultat, la Bourse de Paris a tourné au ralenti. Les volumes ont péniblement atteint 2,5 milliard d'euros sur les grandes valeurs de la cote parisienne. Ce qui n'a toutefois pas empêché le CAC 40 d'aligner une sixième séance d'affilée dans le rouge. L'indice a effet perdu symboliquement 0,01 % à 2822,25 points.
Toutes aussi indécises, les autres places du Vieux Continent ont également terminé en petite baisse. À Londres, le Footsie a reculé de 0,24 %, tandis qu'à Francfort le Dax cédait de 0,54 %. Et du coté des indices paneuropéens, l'Eurostoxx a abandonné de 0,16 %.
L'annonce d'une accélération de la croissance allemande au troisième trimestre, a d'abord apporté un peu baume au cœur des investisseurs. Le produit intérieur brut de la première économie européenne a en effet progressé de 0,5 % après avoir déjà grimpé de 0,3 % au deuxième trimestre. Les deux moteurs de la croissance, la consommation des ménages et l'investissement, sont de nouveau allumés. Dans le même temps, les entrepreneurs en Allemagne ont légèrement repris confiance à en croire la hausse surprise du baromètre Ifo en novembre.
Les opérateurs se sont aussitôt mis en quête de bonnes affaires. Mais ils ont rapidement été submergés les inquiétudes sur la crise de la dette en zone euro.

L'indépendance de la BCE maintenue

Les marchés qui espéraient un changement de cap dans la politique de la Banque centrale européenne (BCE) à l'issue du mini sommet des dirigeants européens à Strasbourg ont visiblement été déçus. L'Allemagne, la France et l'Italie ont réaffirmé leur détermination à assurer l'avenir de l'euro, en modifiant si nécessaire les traités européens. Mais le débat sur les solutions pour endiguer la propagation de la crise n'a pas été tranché. Les trois premières économies de la zone euro se sont en effet refusées à toucher à l'indépendance de laBCE.

Le Portugal dégradé par Fith

En fin de matinée, Fitch avait déjà refroidi l'enthousiasme des marchés en dégradant la note souveraine du Portugal. L'agence de notation a abaissé d'un cran la note du pays qui passe de « BBB- » à « BB + », avec une perspective négative. Le Portugal se trouve ainsi relégué dans la catégorie des émetteurs « à risque ». Les tensions sur les marchés de la dette publique se sont immédiatement ravivées. Le taux des emprunts d'État à 10 ans du Portugal a grimpé de 84 points de base à près de 11,5 %, et celui de l'Italie est repassé au-dessus des 7 %. Et sur le marché des changes, l'euro, bon baromètre de la confiance des investisseurs sur la capacité de la zone euro à s'extraire de la criseest tombé à près de 1,33 dollar.

Les cycliques rebondissent

De nombreuses valeurs massacrées ces derniers jours, affichaient toutefois de belles hausses comme Air France-KLM (+10,03 %), Vallourec (+6,01 %) ou Alcatel-Lucent (+4,73 %). Les banques, particulièrement malmenées se redressaient aussi avec la Société Générale en hausse de 3,02 % et BNP Paribas (+3,31 %). Les constructeurs automobiles, lourdement sanctionnés ces derniers jours étaient également bien orientés avec Peugeot (+4,04 %) et Renault (+2,65 %).

Valeurs à suivre

GDF Suez (-1,15 % à 17,97 euros)
Le groupe a entamé des pourparlers avec le russe Gazprom en vue de renégocier le prix de contrats de fourniture de gaz indexés sur le pétrole, a déclaré mercredi un dirigeant de l'entreprise française.
Vinci (-0,87 % à 28,95 euros)
Le groupe a annoncé mercredi que sa filiale ETF-Eurovia Travaux Ferroviaires avait signé avec Réseau ferré de France (RFF) un contrat d'un montant total de 180 millions d'euros pour la réalisation de 212 kilomètres de la ligne à grande vitesse (LGV) Metz-Strasbourg.
Trigano (+8,10 % à 11,48 euros)
Le groupe a publié mercredi des résultats annuels en forte hausse mais a dit rester attentif aux évolutions de ses marchés face aux « nombreuses incertitudes » pesant sur la conjoncture économique.
- Doura Diallo -

Wall Street termine en forte baisse


La Bourse de New York a terminé en forte baisse aujourd'hui. Le Dow Jones a cédé 2,05% à 11.257,63 points, le S&P-500, plus large, a perdu 2,21% à 1161,82 points. Le Nasdaq Composite s'est de son côté replié de 2,43% à 2460,08 points. 

Tandis que la crise de la dette continue d'inquiéter, les signes de ralentissement de la croissance mondiale se multiplient en effet depuis quelques jours. Lundi, la révision à la baisse de la croissance américaine au troisième trimestre, avait emporté Wall Street. Les marchés américains ont encore accusé le coup après l'annonce d'un nouveau ralentissement de l'économie chinoise. L'indice PMI préliminaire de l'activité manufacturière en Chine, publié par la banque HSBC ce matin, a enregistré en novembre sa plus forte chute depuis mars 2009, à 48 contre 51 en octobre. Un indice sous la barre des 50, traduit en effet une contraction d'activité.

Autre mauvaise nouvelle les commandes nouvelles à l'industrie dans la zone euro ont diminué nettement plus que prévu en septembre, enregistrant leur plus forte baisse d'un mois sur l'autre depuis décembre 2008, selon les données publiées aujourd'hui par Eurostat.

mercredi 23 novembre 2011

La croissance américaine fait plier le CAC 40

Les problèmes de dettes souveraines planent toujours sur les marchés

(source: figaro.fr) La Bourse de Paris qui tentait un timide rebond a fait volte face après la publication d'une croissance moins forte que prévu aux États-Unis au troisième trimestre. Le CAC 40 a finalement reculé de 0,84 %.

Après avoir dévissé de plus de 3,4 % lundi, la Bourse de Paris a d'abord tenté de reprendre un peu de hauteur. Elle a fait volte face en début d'après midi avec les chiffres de la croissance américaine. Au finish, le CAC 40 a reculé de 0,84 % à 2870,68 points.
Les autres grands marchés européens, ont également terminé en baisse après avoir tergiversé pendant toute la séance. Le Dax de la Bourse de Francfort a ainsi perdu 1,22 % et le Footsie londonien 0,30 %. Et, du côté des indices paneuropéens, l'Eurostoxx 50 a cédé 0,84 %. Wall Street était aussi sur la défensive. Le Dow Jones reculait de 0,25 % en séance et le Nasdaq de 0,22 %.
Le vent mauvais est pour une fois venu des États-Unis. La croissance du produit intérieur brut (PIB) américain a été revue en baisse au troisième trimestre à 2 % en rythme annuel, contre 2,5 % lors d'une première estimation.
Dans le même temps, les problèmes de dettes souveraines planent toujours sur les marchés. L'échec des négociations au sein de  «super comité» du Congrès américain chargé de s'attaquer à la dette des États-Unis a lourdement pesé sur le moral des investisseurs. Les réductions budgétaires doivent désormais automatiquement entrer en vigueur à partir de 2013. Pour le moment, Standard & Poor's et Moody's ont fait savoir que la note de crédit américaine ne serait pas affectée. Fitch a en revanche confirmé qu'elle pourrait revoir ses perspectives sur la note des États-Unis.

Fitch surveille les Américains


En zone euro, signe la défiance à l'égard du marché de la dette publique en zone euro, les titres des banques poursuivaient leur descente en enfer. A Francfort, le titre Commerzbank s'est effondré de plus 15 %. A Paris Société générale a encore reculé de 3,40 % et BNP Paribas de 4,92 %.

Le grandes valeurs se distinguent


Dans un marché extrêmement fébrile, les traditionnelles coqueluches des petits porteurs se distinguaient tout particulièrement. Ces valeurs qui avaient été emportées sans distinction dans la rechute des marchés ces derniers jours retrouvaient ainsi de belles couleurs, à l'image de Pernod Ricard (+2,29 %), ou encore LVMH (+0,55 %) ou L'Oréal (+0,51 %) se distinguaient.
Comme souvent quand les marchés sont particulièrement agités, les investisseurs cherchent des thèmes auxquels se raccrocher. Face aux soubresauts des marchés, le dividende fait ainsi un retour en force.
Si la croissance mondiale ralentit comme beaucoup le redoutent, les profits des entreprises seront affectés. Mais les dividendes devraient résister. «En effet, face à la chute des marchés, les sociétés ont tout intérêt à choyer leurs actionnaires», explique Éric Bleines, directeur général adjoint et responsable des actions chez CCR Asset Management. «Avec un CAC 40 autour de 2900 points, le rendement des grandes valeurs de la Bourse de Paris est aujourd'hui d'environ 5,14 %» constate, Éric Bleines. «Cette stratégie comporte toutefois un risque» ajoute-t-il, «celui de se focaliser sur des valeurs mal aimées des marchés et parfois à juste titre ». Les opérateurs ne s'y trompent pas. Ils privilégient les grands vaisseaux de la cote, des groupes habitués à verser régulièrement de copieux dividendes et offrant une excellente visibilité sur leurs profits futurs.

Valeurs à suivre


Areva (-1,23 % à 20,06 euros)
Le groupe nucléaire ne supprimera pas d'emplois en France, a confirmé Luc Orsel , le patron du groupe lors de sa rencontre avec François Baroin.Ce dernier a pris connaissance du plan stratégique d'Areva lors de sa rencontre avec le PDG du groupe ce mardi en fin d'après-midi. Mais le titre du groupe a perdu 30% de sa valeur depuis la début de l'année.
Eramet (-3,78 % à 85,52 euros)
La participation de 26 % que Areva détient dans ce groupe minier pourrait être vendue dans le cadre des mesures de redressement prises par le groupe nucléaire.
Zodiac (+4,64 % à 55,29 euros)
L'équipementier aéronautique a dégagé sur l'exercice clos fin août un résultat net part du groupe de 238,3 millions d'euros, en hausse de 60,5 %. L'équipementier aéronautique anticipe une croissance organique de 20 % de son chiffre d'affaires pour le premier trimestre (septembre-novembre) et à plus long terme, estime pouvoir dépasser son objectif de croissance de 40 % de son chiffre d'affaires sur trois ans hors impact de changes.
EDF (-0,82 % à 18,12 euros)
L'électricien a déposé auprès de l'autorité boursière italienne, la Consob, une demande visant à obtenir une exemption d'offre publique d'achat (OPA) malgré sa prise de contrôle du numéro 2 italien de l'électricité et du gaz Edison.
Lafarge (-4,09 % à 23,05 euros)
Le groupe a présenté son projet d'une nouvelle organisation visant à accélérer le développement du groupe et la croissance de ses résultats. Son PDG, Bruno Lafont, a toutefois assuré que si cette réorganisation hiérarchique devait avoir un impact en terme d'emploi, celui-ci serait limité.
Bigben Interactive (-10,07 % à 6,70 euros)
Le distributeur d'accessoires pour consoles de jeux et téléphones portables a reconnu que les six premiers mois de son exercice 2011/12 (avril-septembre) avaient été « mitigés », mais a assuré qu'il connaissait depuis une activité soutenue.

- Doura Diallo - 

lundi 21 novembre 2011

Déprimée, la Bourse de Paris plonge de plus de 3,4% .

Les opérateurs doutent

Le CAC 40 est revenu sous les 2900 points à 2894,94 points. L'avertissement de Moody's sur la France et l'incapacité des américains à trouver des mesures d'économie ont miné les marchés.

Les marchés s'enfoncent dans la déprime. Le CAC 40 a chuté de 3,41 % à 2894,94 points à la clôture. Ailleurs en Europe, les Bourses ont également terminé en forte baisse : à Londres, le Footsie a chuté de 2,62 %, tandis qu'à Francfort le Dax a cédé 3,25 %. Milan a lâché 4,74 % et Madrid 3,48 %. Et du côté des indices paneuropéens, l'Euro Stoxx 50 a encore reculé de 3,05 %.
Le doute s'est également de nouveau emparé de Wall Street. En séance le Dow Jones reculait de 2,41 % et le Nasdaq 2,35 %. Aux États-Unis, la « super-commission » du Congrès chargée de s'attaquer à la dette n'avait toujours pas trouvé d'accord hier à seulement deux jours de la date butoir.
Partout, la défiance des marchés à l'égard de la dette publique s'exacerbe. Dans la zone euro, les investisseurs redoutent de plus en plus une contagion de la crise aux pays les plus solides.

Nouvelle menace sur la dette de la France

La menace sur la note de la France n'a jamais été aussi forte. Moody's a de nouveau sonné l'alerte sur la note souveraine de la France. L'agence de notation estime que la hausse des taux d'intérêt et la détérioration des perspectives de croissance font planer une menace sur le triple «A» du pays. Dans la foulée de cette annonce, François Baroin a réaffirmé «le caractère intangible des objectifs de réduction des déficits publics», et souligné les «conditions de financement» toujours «très favorables» dont bénéficie la France. La France est d'ailleurs parvenue sans difficulté à lever 7 milliards d'euros à 12, 25 et 47 semaines à des taux en baisse sur les deux premières lignes et en hausse sur la dernière à moyen terme.
L'Espagne est en revanche de nouveau attaquée sur le marché obligataire aprèsles élections législatives ce week-end. Les taux des emprunts d'État espagnols sur dix ans ont grimpé à plus de 6,4 % ce lundi contre moins de 6,35 % vendredi soir. L'Italie, troisième économie d'Europe, cristallise également toujours bon nombre d'inquiétudes. Et, pour les spécialistes d'Aurel BGC, l'Allemagne ne peut rester durablement épargné par la crise en cas d'effet domino dans la zone euro. «Très rapidement le marché obligataire allemand pourrait perdre son rôle de valeur refuge si son économie donne des signes de fragilité» estiment les stratèges d'Aurel BGC.

Les banques dévissent

Toutes les valeurs du CAC 40 ont terminé dans le rouge. Les valeurs financières, banques mais également compagnies d'assurance ont encore connu une journée noire en Bourse. La Société générale, BNP Paribas, le Crédit agricole ont respectivement dévissé de 3,93 %, 4,33 %, et 5,51 % en Bourse. En l'espace d'une semaine, les titres des grands établissement français, acteurs incontournables sur le marché de la dette publique, ont perdu environ 15 % de leur valeur. Les valeurs hautement cycliques comme les constructeurs automobiles sont également en première ligne, comme Renault ou Peugeot qui ont lâché respectivement 5,72 % et 4,96 % hier et 14,5 % et 12,4 % en cinq jours. Seules quelques valeurs hautement défensives parviennent encore à trouver grâce aux yeux des investisseurs, comme le spécialiste des maisons de retraite Orpéa (+4,90 %) ou le spécialiste de la santé animale Virbac (+0,28 %).

Valeurs à suivre

Air Liquide (-2,21 % à 86,54 euros)
Le numéro un mondial des gaz industriels a annoncé avoir signé un contrat avec le groupe pétrolier et chimique Sinopec afin d'accroître les capacités de raffinage d'une filiale du groupe chinois, pour un montant total d'environ 85 millions d'euros. Le titre a toutefois perdu 0,18 % à 88,60 euros.
Eurotunnel (-4,04 % à 5,74 euros)
Le groupe s'est félicité de l'homologation d'un nouveau wagon de ferroutage qui doit lui permettre de connecter la future autoroute ferroviaire atlantique au tunnel sous la Manche. Dans le ferroutage, Eurotunnel transporte quelque 1,2 million de camions par an.
Arkema (-5,91 % à 39,40 euros)
Le chimiste a annoncé l'acquisition de deux sociétés chinoises produisant des polyamides de spécialités, Hipro Polymers et Casda Biomaterials, pour 365 millions de dollars au total (270 millions d'euros).
Areva (-1,46 % à 20,31 euros)
Le groupe envisage de supprimer 1300 postes en Allemagne en réaction à la décision de Berlin de sortir du nucléaire d'ici à 2022, selon l'hebdomadaire Der Spiegel. Le gouvernement ne pense pas qu'il y aura de suppression d'emplois en France chez Areva, a déclaré lundi le ministre de l'Industrie Eric Besson sur la télévision LCI.
PSA Peugeot Citroën (-4,96 % à 12,07 euros)
Le constructeur a annoncé dimanche dans un communiqué publié aux États-Unis la vente de deux entreprises de location de voitures, la française National-Citer et l'espagnole Atesa, pour un montant non dévoilé.
Carrefour (-3,23 % à 17,84 euros)
Le groupe Arnault et Colony Capital, qui détiennent à eux deux 16,15 % du groupe et 22,14 % des droits de vote, auraient donné un ultimatum au dirigeant Lars Olofsson : selon l'agence Bloomberg, il a jusqu'à la fin de l'année pour redresser les comptes.

- Doura Diallo -

samedi 19 novembre 2011

Wall Street se stabilise à New York


La Bourse de New York a fini sans direction claire vendredi, incapable de rebondir alors que l'incertitude reste forte concernant les questions de dette publique en Europe comme aux Etats-Unis: le Dow Jones a gagné 0,22% mais le Nasdaq a cédé 0,60%.

Le Dow Jones Industrial Average a engrangé 25,43 points à 11.796,16 points, tandis que le Nasdaq, à dominante technologique, perdait 15,49 points à 2.572,50 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 a fini quasi inchangé (-0,04%, -0,48 point) à 1.215,65 points.

vendredi 18 novembre 2011

Le CAC 40 s'approche d'une zone dangereuse.


ANALYSE TECHNIQUE- Le marché parisien accuse le coup jeudi sur fond de craintes persistantes sur les dettes souveraines. Le passage sous les 3000 points entrainerait de lourds dégagements.

A 14h30 jeudi l'indice CAC 40 accuse une baisse de 1,4% à 3020 points. En cause les craintes persistantes sur les dettes souveraines en Europe après des adjudications d'obligations françaises et espagnoles à des taux élevés. Les opérateurs redoutent que la France ne perde son « triple A » alors que l'écart entre l'OAT française à 10 ans et le Bund allemand a atteint un nouveau record à plus de 208 points de base. Faute de solution rapide à la crise de la dette dans la zone euro, la perspective de crédit des banques américaines pourrait être dégradée selon l'agence Fitch.
Graphiquement, la tendance est très délicate à court terme. Le CAC 40 a touché en séance le seuil psychologique des 3000 points, un niveau inédit depuis le 6 octobre. En cas de clôture en dessous de ce niveau, la tendance se dégraderait nettement. L'indice sortirait de son couloir d'indécision court terme et serait entrainé vers ses plus bas de septembre à 2690 points, soit un gouffre de plus de 10%. Pour l'heure, la tendance reste encore neutre entre 3000 et 3243 points. En intraday, on surveillera à la baisse le support des 2973 points correspondant au bas du gap laissé le 6 octobre dernier. Ce niveau pourrait offrir un refuge intermédiaire à l'indice en cas de décrochage. A l'inverse, au-dessus de 3100 points, le marché pourrait espérer un retour rapide à 3243 points.
A moyen terme, l'échec fin octobre contre la moyenne mobile à 150 jours à 3410 points entretient une configuration délicate. En dessous de ce niveau, le marché reste inscrit dans le vaste cycle de baisse enclenché au mois de juillet dernier.

- Doura Diallo -

mercredi 16 novembre 2011

Wall Street finit en hausse


La Bourse de New York a fini en hausse 0,14% ce soir, l'indice Dow Jones des 30 industrielles gagnant 17,34 points à 12.096,32 points.

Le S&P-500, plus large, a pris 6,02 points, soit 0,48%, à 1.257,80 points.  Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 28,98 points (+1,09%) à 2.686,20 points.

mardi 15 novembre 2011

Wall Street finit en baisse


La Bourse de New York s'est repliée ce soir, les investisseurs s'inquiétant des difficultés rencontrées par l'Italie, mais aussi l'Espagne et la France sur le marché de la dette: le Dow Jones a perdu 0,61% et le Nasdaq 0,81%.

Selon des chiffres provisoires, le Dow Jones Industrial Average a lâché 74,39 points à 12.079,29 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 21,59 points à 2.657,16 points.

dimanche 13 novembre 2011

Italie : fin de règne sous les huées pour Silvio Berlusconi


Silvio Berlusconi a quitté le pouvoir samedi sous les huées et les insultes à Rome, tournant une page de près de 20 ans ponctuée par les scandales sexuels et les procès pour corruption en Italie, désormais au bord de l'asphyxie financière.
Accusé d'avoir miné la crédibilité de son pays, le magnat des médias, 75 ans, a remis sa démission après l'adoption par le Parlement de mesures économiques destinées à rassurer les marchés et ses partenaires internationaux.
Elle a été acceptée par le président de la République Giorgio Napolitano qui devrait, sauf énorme surprise, nommer dimanche à sa place l'ex-commissaire européen Mario Monti, 68 ans.
Comble de l'humiliation, le Cavaliere a dû quitter le palais présidentiel du Quirinal par une porte dérobée alors que devant l'entrée principale des manifestants applaudissaient et hurlaient de joie en criant "bouffon, bouffon!".
l avait été accueilli moins d'une heure plus tôt aux cris de "va te faire f...", "mafieux!", "honte!", "prison!" "c'est fini!"... ou encore "primavera, primavera" (printemps! printemps), dans une allusion aux révolutions arabes qui ont renversé des dictateurs.
A des proches, il a confié sa "profonde amertume", selon l'agence italienne Ansa.
Peu avant minuit locales (23H00 GMT), les klaxons continuaient à résonner dans la capitale, où des Romains de tous âges sautaient et faisaient des farandoles dans une atmosphère bon enfant, digne d'un succès des Azzurri -l'équipe italienne- à la coupe du Monde.
Dès l'après-midi, une foule avait envahi divers symboles du pouvoir à Rome aux cris de "Démission, démission". Certains brandissaient des drapeaux italiens tricolores -vert, blanc, rouge- , d'autres arboraient des pancartes "Bye-bye Silvio!", "Disparais!" et "Enfin!".
Sur la place du Quirinal, un orchestre improvisé, dont les musiciens et choeurs s'étaient retrouvés sur internet, avait plus pacifiquement entonné un bel Alleluia de Haendel.
"Aujourd'hui, nous sommes ici parce que nous sommes très, très heureux que Berlusconi, finalement, rentre chez lui! Qu'il retourne à la maison!", déclarait une manifestante au milieu d'un concert de sifflets. "Ciao, et surtout, ne reviens pas!" lançait un autre.
Quelques manifestants ont toutefois applaudi le président du Conseil. Il "est unique, inoubliable. Il n'y a personne à la hauteur", déclarait Massimo della Seta, un ouvrier de 25 ans. "On se sent orphelins", déplorait Maria Teresa Borghelli, 54 ans.
"Aujourd'hui le rideau tombe sur une page longue et douloureuse de notre histoire", a déclaré de son côté Dario Franceschini, du Parti démocrate, le principal parti d'opposition.
De son côté, Fabrizio Cicchitto, du Peuple de la Liberté (PDL), le parti de M. Berlusconi, a affirmé que ce dernier avait accepté de démissionner "alors qu'il n'était pas obligé de le faire".
"Il a démontré une conscience nationale, nous l'en remercions et lui exprimons notre solidarité pour les attaques dont il a fait l'objet", a-t-il ajouté sous les huées de nombreux députés.
Porté en triomphe lors de son entrée en politique il y a 17 ans, lors de la création de son parti "Forza Italia" (Allez l'Italie!), M. Berlusconi était affaibli depuis des mois par trois procès -pour corruption, fraude fiscale et prostitution de mineure-, les scandales sexuels et l'étiolement progressif de sa majorité.
Avec une cote de popularité qui s'était écroulée à 22%, le Cavaliere a perdu la majorité absolue mardi à la Chambre des députés.
Il part sous la pression des marchés et une envolée des taux qui menace l'Italie d'asphyxie financière. Devant la crainte d'une contagion qui fait frémir l'Europe et la planète, le pays a été placé sous le contrôle du FMI, de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne.
S'exprimant en marge d'un sommet de l'Asie-Pacifique à Hawaii, M. Obama s'est dit "satisfait de constater que les dirigeants européens prenaient au sérieux la nécessité de résoudre non seulement la crise grecque mais aussi la crise de la zone euro en général".
"Il y a eu des évolutions positives pendant la semaine écoulée: un nouveau gouvernement potentiel en Italie et un nouveau gouvernement en Grèce, déterminés tous deux à mettre en oeuvre des réformes structurelles qui pourront redonner confiance aux marchés", s'est-il réjoui, peu avant la démission de M. Berlusconi, tout en estimant que l'Europe avait encore du travail à faire pour stabiliser la situation financière de la zone euro.
Peu avant, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, avait salué les "progrès significatifs" en Grèce et en Italie.
A Rome, tout se joue pour quelques heures encore au Quirinal, où M. Napolitano a appelé les forces politiques à "agir avec responsabilité", tandis que le gouvernement sortant est chargé d'expédier les affaires courantes.
Selon un agenda transmis par le Quirinal, le chef de l'Etat, 86 ans, va passer toute la journée de dimanche à consulter l'ensemble des formations politiques du pays. La nomination très probable de M. Monti au poste de président du Conseil ne devrait donc pas intervenir avant la soirée de dimanche, voire lundi.
Des tractations difficiles sont à attendre alors qu'une partie de l'actuelle majorité renâcle à soutenir un gouvernement de transition ouvert à l'opposition et réclame des élections anticipées.
"Pour tout l'or du monde, je ne ferai jamais partie d'un exécutif avec des représentants de gauche", s'est énervé le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, ex-néo-fasciste.
Et Silvio Berlusconi, qui a pourtant apporté son soutien à M. Monti et l'a reçu pendant deux heures à déjeuner samedi, n'a pas perdu la volonté de se battre: "Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons", a-t-il dit à ses proches.




samedi 12 novembre 2011

Wall Street finit encore en hausse


Les valeurs américaines ont à nouveau fini en hausse ce soir, l'adoption de mesures de réforme par le Sénat italien apaisant les inquiétudes des investisseurs concernant la zone euro.

L'indice Dow Jones a gagné 2,18% ou 259,67 points, à 12.153,46 points. Le Standard & Poor's a pris 1,95% ou 24,16 points à 1.263,85 points tandis que le composite du Nasdaq avançait de 2,04% ou 53,60 points à 2.678,75 points. Sur la semaine, le Dow Jones a gagné 1,4% et le S&P 0,8%. Le Nasdaq a perdu 0,3%.

Après deux baisses consécutives qui l'a vu perdre plus de 2%, la Bourse de Paris respire. Dans un marché soutenu par les avancées politiques en Italie et en Grèce, le CAC 40 a gagné à la clôture 2,76% à 3149,38 points. Sur la semaine, l'indice boursier gagne 0,83%.

vendredi 11 novembre 2011

La France contaminée par la crise italienne


Les taux français se sont envolés, jeudi, à 3,46% pour l'OAT à dix ans, soit presque le double des taux allemands. S&P a annoncé «par erreur» une dégradation de la note de la République française. 

«Alerte pays souverains - République française - Dégradée - Notation non sollicitée.» C'est le message lapidaire qui s'est affiché, jeudi, à 15h57 sur les écrans des traders clients de l'agence de notation Standard &Poor's. Le groupe américain a mis quelques minutes avant de rectifier le tir, invoquant «une erreur technique» ayant conduit à la diffusion de ce message. Et S&P de s'empresser de rappeler que «la note de la République française est inchangée, à “AAA” assortie d'une perspective stable: cet incident n'est pas lié à une quelconque activité de surveillance de la note», conclut-elle. Il n'empêche. Dans le climat actuel d'extrêmes tensions sur les marchés de dette européen, cet «incident» a fait l'effet d'une bombe. En fin de journée, le rendement de l'OAT à dix ans s'affichait à 3,46%, en hausse de 26 points de base sur la séance. Des mouvements d'une telle amplitude sont très rares sur les marchés obligataires.
L'erreur de S&P n'explique pas tout. Depuis plusieurs jours, la dette française est indirectement touchée par la contagion de la crise de la dette à l'Italie. Son écart de taux avec l'Allemagne ne cesse de s'élargir: alors qu'il était de 60 points de base à la mi-juillet, l'écart (spread) a atteint un nouveau record depuis la création de la zone euro, à 160 points. Désormais, la France emprunte presque deux fois plus cher que l'Allemagne!

Cinquième économie du globe 

Cette situation doit être relativisée. À 3,46 %, les taux français restent encore historiquement bas. Et Paris emprunte toujours deux fois moins cher que Rome. Néanmoins, l'élargissement de l'écart montre que, non contents de s'inquiéter des 1 900 milliards d'euros de dette de la septième économie mondiale, l'Italie, les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur les 1 700 milliards de la cinquième économie du globe, la France. Quatre jours après l'annonce par le gouvernement français d'un nouveau plan de réduction des déficits en 2012, cette défiance des marchés montre l'ampleur du chemin qu'il reste à parcourir pour les rassurer.
Au-delà du cas français, l'urgence reste toujours de sauver l'Italie. «Trop gros pour s'effondrer, trop gros pour être sauvé» («Too big to fail, too big to save»). Cette phrase était sur toutes les lèvres, jeudi, dans les salles de marché. Telle une grande banque systémique, la dette italienne est si élevée qu'il faut éviter un défaut, qui provoquerait un cataclysme mondial. Mais, à la différence d'une banque, l'Italie est trop grosse pour être sauvée, car les montants en jeu sont colossaux.
«Si l'Italie ne peut plus faire appel a u marché pendant trois ans, il faudra lui prêter environ 650 milliards d'euros, voire davantage en intégrant une éventuelle recapitalisation des banques», estime John Higgins, économiste chez Capital Economics. Une somme deux fois supérieure à celle mise sur la table pour sauver la Grèce, l'Irlande ou le Portugal. Personne ne possède de tels moyens. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé pour aider les pays de l'euro en difficulté, dispose en théorie de 250 milliards d'euros. Mais ce chiffre fond comme peau de chagrin à mesure que la BCE intervient sur les marchés pour racheter de la dette espagnole et italienne. La BCE a en effet déjà indiqué qu'elle transférerait toute cette dette achetée au FESF.
«Il n'y a plus qu'un moyen de stabiliser la crise: la BCE doit élargir son bilan, devenir le prêteur en dernier ressort et, si nécessaire, imprimer de la monnaie», explique Stephen King, chef économiste chez HSBC. Cette éventualité, évoquée par les Français à la veille du sommet européen du 26 octobre, mais tuée dans l'œuf par les Allemands, refait surface. Car si la France est touchée à son tour, l'Europe n'aura plus le choix.

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